Marcher dans la beauté

parce que la vie coule ici et maintenant

03 mai 2008

L'homme du lac, Arnaldur Indridason, 2004 (vf 2008)

    Erlendur va réussir à devenir sympathique, à force d'ouvrir la main et d'accepter ses enfants (le come back du fiston c'est dans cet opus là) et son enfance comme ils sont. Mais la partie n'est pas encore jouée.
    Alors dans ce tome, alors qu'il est congés "forcés", il se retrouve mêlé à une enquête curieuse. Un homme est retrouvé au fond d'un lac lesté d'un radio émetteur, semble-t-il, russe, dans tant de 1970 ou quel que chose du genre. Erlendur va pouvoir faire son travail préféré: enquêter sur les disparations des années 70 pour tenter de trouver des brins, pour tenter d'assembler ces brins et recoudre le fil de l'histoire.Celle de cet homme envoyé en profondeur avec un trou dans la tête. Un trou trop grand pour être une balle. Un homme trop lisse pour avoir totalement disparu de toutes les mémoires. Tel un historien, à croiser et recroiser des pistes, à suivre son intuition et sa passion pour une Falcon noire (oui la voiture de Mad max), l'incroyable se produit. Il invite son amie à rester chez lui, à dormir chez lui. Il ouvre , il entrouvre la boite noire de ses sentiments comme il avance dans son enquête. Sans trop parler. Cet inspecteur est un taiseux, et c'est tant mieux !
    Si vous aimez les histoires de contrespionnage très soft, si la Stasi, l'embrigadement sociale de la jeunesse de la fin des années 50 vous intéresse, alors vous trouverez en plus, un fond historique qui vous plaira.
    Si vous aimez les histoires d'amour qui finissent mal aussi !

    Un polar lent, froid, tourmenté, avec des personnages en souffrance qui ont bien du mal à faire face àleurs quesitons, et à s'avouer les réponses...

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06 avril 2008

Disparu en mer, Graham Hurley (2000 vf 2002)

    Selon Michael Connely, l'inspecteur Faraday est une création remarquable... Le ton est donné, c'est donc un roman de procédure, résolu non pas par un super héros mais par un homme, Joe Faraday, avec toutes ses forces de flic, d'homme et de papa et ses faiblesses.

    Une petite fille vainct son appréhension pousse la porte du bureau de police et vient déclarer la disparition de son papa. Ce dont tout le monde se moque éperdument sauf elle, et beaucoup plus tard l'inspecteur Fraday. Justement intrigué par cette petite fille.
    Un grand père savaté à mort, par son fils, fait plonger son petit fils dans les filets d'un flic un peu ripoux, très empressé d'intégrer la brigade des stup' avant de partir en retraite. Paul Winter est un de ces flics, pardon un de ces individus que je n'aimerai jamais, jamais croiser. Qui se soucie des autres comme d'une guigne du moment que lui peut avancer...
    L'inspecteur Faraday est un inspecteur ordinaire sur des crimes ordinaires.Il pourrait faire mieux oui sans doute mais il appuie sur trop de pédales de frein en même temps. Son fils de 22 ans, sourd, est tombé amoureux d'une française et veut vivre là-bas. Déchirure d'un père, veuf, qui a bien du mal à laisser sa progéniture grandir et se déprendre de lui. Joe Faraday est un tenace, avec son fils comme avec ses enquêtes... Il se débat dans son bureau du CID de Portsmouth avec des effectifs malingres et des chefs qui décidément sont humains trop humains.
    Contre vents et marées, Joe Faraday tente de remonter le fil de la disparition du papa de le demoiselle.suivant un instinct qui pressent le meurtre alors qu'il n'a pas l'ombre d'un début de preuve.
        Pas de suspense haletant mais un roman bien écrit, bien mené, des personnages avecun peu d'épaisseur mais pas trop, des fils qui s'emmêlent mais pas trop.Non, vraiment une lecture très plaisante !

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13 mars 2008

Utu, Caryl Ferey, 2004

Ames sensibles s'abstenir...

Paul Oshborne est un flic qui a décroché, démissionné et quitté son pays. Il est recontacté quelques années plus tard pour reprendre du service parce que son ancien chef se serait suicidé. Spécialiste de l'approche maori, ancien bras doit et ami du suicidé, Paul est chargé de remonter la piste d'un chaman maori sans doute lié à la disparition de son ami. C'est un homme désillusionné, déchu, défoncé à toutes sortes de drogues et attaché à ses dépendances qui pose à nouveau le pied sur le sol d'Auckland en Nouvelle Zélande. A chaque page on redoute qu'il ne s'affale de tout son long pour ne plus jamais se relever tant il se méprise et traite son corps comme un paquet de chiffon. Il mène son enquête sans faire confiance à personne, personne sauf une jeune anglaise légiste (non elle ne s'appelle pas Patricia Cornwell) arrivée là on ne sait trop comment et qui fond littéralement pour les beaux yeux jaunes de Paul qui va l'entrainer malgré lui dans un ballet mortel.
Son enquête tient autant de la descente aux enfers, des nantis bourgeois font la pluie et le beau temps au mépris total des intérêt de la communauté maorie. S'ils semblent lisses en apparence, leurs enfants le sont beaucoup moins et constituent , dans ce polar, le maillon faible de tous les personnages.... Et je n'ai pas encore lu les autres, mais j'ai l'impression que les second rôles sont joués par les voitures, ici c'est une certaine Dodge.

Et dire que mon libraire m'a conseillé de lire L'âme des guerriers d'Alan Duff, "si la question des maoris vous intéresse... me dit il en aller chercher ce livre dans les rayons, mais je vous préviens c'est noir, noir de noir...

Une interview de Caryl Ferey sur le site de Gallimard

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03 février 2008

Un blues de coyotte, Christopher Moore, 1994 (VF 1999)

"Je suis un indien Crow. Pur sang. J'ai grandi dans une réserve du Montana. A l'âge de quinze ans, j'ai tué un mec et je me suis barré. Depuis, je fais semblant d'être un autre. J'ai jamais été marié, jamais amoureux de qui que ce soit. L'amour c'est un truc qui m'est totalement étranger. Je sais même pas très bien pourquoi je suis là avec toi. Ce dont je suis certain c'est que tu as éveillé quelque chose en moi. Il me parait plus intéressant de courir après ce quelque chose à tes côtés qu'essayer de donner le change et faire encore semblant."

Ainsi s'exprime le héros, et cela résume assez bien toute l'œuvre. Une rencontre devient le terrible grain de sable dans l'univers régulier et routinière de Sam Hunter, alias Samson Chasseur solitaire. C'est tout le passé qui revient à la surface et qui ébranle Sam dans sa vie. Fuir ou faire face ? Rien d'orignal dans le thème mais le traitement l'est plus puisque c'est un Coyote qui guide Sam dans ses trébuchements pour arrêter de faire semblant et devenir qui il est.  Coyote est l'animal totem de Sam, mais un coyote à la Tex Avery, autant dire que c'est un dieu décapant, et souvent très décalé. Et c'est parfois vraiment très drôle ! Il bénéfice aussi de l'aide de son oncle Pokey, homme médecine, qui se bat pour conserver le flambeau de la tradition, des rites et du clan. "Tu es de la famille", c'est la meilleure des explications pour un retour après quinze ans de silence.
A découvrir

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05 janvier 2008

Rue sans souci, Jo Nesbo (2003, vf 2005)

    Un braquage de banque "sans faute" se transforme en homicide de sang froid. Toutes les forces vives de la Brigade Criminelle d'Oslo sont mobilisées. Certains tenant du braquage, d'autres du meurtre. Harry Hole en tête, en binôme avec une nouvelle partenaire, Beate, fille d'un policier abattu lors d'un braquage, dotée d'un talent physionomiste absolument exceptionnel.
    L'enquête piétine, un second braquage a lieu. Traqueur en série ou splendide imitateur ? La police est divisée.
Harry revoit une ancienne conquête, Anna. Femme étrange qu'il revoit, profondément divisé en lui même tandis que sa dernière compagne se bat en Russie pour obtenir la garde de son fils et rentrer vivre avec lui. Un peu malgré lui, Harry accepte d'aller dîner avec Anna, et mal lui en prend. Le lendemain, une amnésie totale des douze dernières heures et son portable introuvable le font renouer avec ses démons. Les ennuis recommencent pour Harry : Anna est retrouvée morte. Pour d'obscures (et peu vraisemblables raisons) il ne dit rien à la police qui conclut au suicide. Il n'y croit pas et lance une enquête solo en parallèle, persuadé de réussir à retrouver un bien curieux assassin et sauver sa peau. Tandsi qu'il est lui même traqué par le mystérieux 6MN qui lui envoie des emails le mettant en cause.
    Les rebondissements sont nombreux, et le rôle de Raskol Baxhet, seul membre de la famille d'Anna a assister à son enterrement particulièrement important. Cette fois le polar évolue sur fond du culture tsigane qui distille ses indices dans un tempo parfait. Petit survol léger de leur logique de l'honneur...
Le roman est dense, bine rythmé et prenant parce qu'Harry mène ses deux enquêtes en parallèle, deux enquêtes qui, évidemment, vont finir par se rejoindre... Pourtant, comme le dit l'ami Cottet, l'histoire perd en crédibilité au fil des pages tant les choses s'ajustent et s'emboitent bien, au bon moment. D'autres ont franchement aimé.  J'ai passé un moment agréable,mais pas transcendant. A vous de voir.

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02 décembre 2007

Meurtre et méditation, Nick Wilgus, 2003 (VF 2006)

Frère Ananda vit au monastère Wat Mahanat depuis 8 ans. Il est entré là pour trouver un peu de paix alors q'un deuil le frappait. Et puis il est resté. Mais ce matin le supérieur vient le chercher, un meurtre a été commis. Et comme il est ancien policier, le supérieur lui demande de mener l'enquête. Il va aller de surprise en surprise, de menace en menace pour tenter de comprendre qui a tué le jeune garçon des rues et surtout pourquoi. Autant de questions qui le conduiront à assumer sa souffrance personnelle une fois pour toute et dire oui à la vie.
Un témoignage anecdotique et intéressant sur le quotidien de moines bouddhistes à Bangkok.

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27 octobre 2007

Le cochon sinistre, Tony Hillerman (VF 2005)

Prenez un ancien agent de la CIA, ou  plutôt 2, une longue frontière entre Arizona et Mexique, un sous-sol truffé de pipeline désaffecté, enfin pas tant que cela, le FBI, la police Tribale et autres corps officiels. Ajoutez un homme tonnerre et vous obtenez ce très curieux roman de Hillermann. C'est une intrigue bourrée d'heureuses coïncidences (un peu comme Chesbro) qui n'offre franchement aucun intérêt majeur. Si deux morales pour l'histoire : même les méchants ont un coeur et choisissent parfois de l'écouter au détriment de leur vie professionnelle ; et après des pages et des pages d'auto flagellation de Jim Chee, il finit par dire son amour à Bernie Manuelito. Comme le dit fort justement Philippe Cottet dans son site Le vent sombre, c'est bien, et c'est bien maigre.

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05 septembre 2007

Andrea Camilleri, La patience de l'araignée, 2004 (vf 2006)

Susanna Minestra, une jeune étudiante sans histoire, jolie de surcroit disparait.Cela ressemble à un kidnapping mais le demoiselle étant fauchée comme les blés, c'est étrange. Alors le commissaire Montalbano convalescent reprend du service. Pourtant, et pour la première fois Livia, sa compagne-amoureuse-amie est là, pour prendre soin de lui. Présente, omniprésente et lourde presque. Maladroite.
Bon, Montalbano enquête et fait équipe avec un collègue respecté, mais pas un de Vigata, non un autre, spécialiste en enlèvement (une compétence italienne spécifique peut être...), et puis en filigrane avec l'amoureux de la jeune fille qui veut devenir policier. Je l'avoue, j'attends avec impatience l'arrivée de Francesco Lipari au commissariat de Vigata, ce sera pour une enquête unique et savoureuse, Montalbano pourra ensuite partir en retraite et n'apparaitre que de loin en loin. Comme Leaphorn qui mentore "à distance"Jim Chee. Hhhhmmm je me régale par avance.
Montalbano dans cette enquête toute en creux, éminement psychologique, se montre étonnement fragile, vulnérable, humain. Son enquête est comme toujours ponctuée de repas qui alternent cette fois entre régime strict et débauche.  Le commissaire n'est plus ni gourmet ni gourmand, pour une fois, il lutte entre vie et mort. Jusqu'au déclic d'horloge qui réaligne tous les rouages et donne au titre tout son sens, et sa saveur.

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02 septembre 2007

La cité des jarres, Analdur Indridason, 2000 (vf 2005)

Erlandur Sveinsson enquête sur le meurtre d'un personnage qui devient, au fil de l'enquête, de plus en plus abject. Cette victime était très discrète et n'a laissé que peu de traces dans la mémoire de ceux qui l'ont croisé, peu d'indices pour qu'Erlandur ait une chance de trouver l'assassin qui, semble-t-il, a signé son crime de manière très énigmatique. Suffisamment pourtant pour que l'inspecteur remonte une piste folle et découvre l'étonnant meurtrier.

Histoire dérangeante, ma sympathie va plus au meurtrier qu'à la victime. Je ne suis pas plus convaincue que dans la femme en vert de la pertinence de mêler vie privée de l'inspecteur et enquête, je trouve que cela ne rajoute vraiment rien. En revanche une rencontre entre Erlandur et l'inspecteur Rébus de Rankin serait sans doute un grand moment d'anthologie. Et un clin d'oeil puisque l'une des protagonistes majeure de l'enquête sort sous la pluie en manteau vert...

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01 septembre 2007

Lettre à mes tueurs, René Fregni, 2004

Un écrivain en panne de nouveau roman voit sa vie perturbée par le passage éclair chez lui d'un copain d'école, devenu entretemps un des bandits les plus dangereux de Marseille, recherché par la police et par la bande rivale. Question ? Qui est bon, qui est méchant ? Police et bandits semblent se partager un même gâteau, avec des armes toutefois assez différentes. Le thème est tentant et l'idée propice aux rebondissements, masi le roman est assez plat et prévisible. C'est un bon cas d'école pour étudier la structure narrative, la manière dont l'auteur introduit les éléments de résolution dont il a besoin pour faire avancer son histoire. Mais cela ne charme pas le lecteur. C'est sensé se dérouler sur plusieurs mois, et même si le roman donne se déroule à tombeau ouvert, l'ensemble donne plutô l'effet de s'étaler sur quelques jours voire semaines. Une lecture de vacances honnête si vous avez le roman à portée de main.

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